I.C.B.M.

Institut des Civilisations du Bassin Méditerranéen et du Moyen-Orient

Jeudi 9 mars 2006 :            ALEXANDRE LE GRAND : de la Macédoine à l'orient… un rêve inachevé

(Hazem El Shafei)

 

 

 

 

D'Alexandre le Grand, on sait beaucoup et peu de choses.

 

Né à Pella en 356 av. J.C., il mourra un jour de juin 323 à Babylone. Dans l'intervalle, il aura conquis la totalité des royaumes d'Asie Mineure, de la Phénicie et de l'Empire achéménide.

Alexandre grandit sous la tripe influence de sa mère Olympias, d'Aristote qui lui inculqua le goût des lettres et des arts et des officiers de son père Philippe qui lui apprirent le métier des armes. Dès l'âge de 17 ans, il accompagne le roi dans ses expéditions militaires et se fait remarquer par son courage. Trois ans plus tard, après l'assassinat de son père, il monte sur le trône.

 

Si les principaux épisodes de son existence et de ses conquêtes en Orient sont bien connus, on ne sait presque rien sur le roi, le réformateur, le visionnaire et le conquérant. Les raisons profondes qui l'incitèrent à entreprendre cette épopée militaire, politique et religieuse demeurent totalement inconnues, les seuls textes que nous connaissons (Plutarque, Quinte-Curce et Arrien) datant de plus de quatre siècles après sa mort.

 

Se pose d'abord la question de sa naissance, toutes les légendes concernant son origine divine étant apparues de son vivant. On prétendait qu'il n'était pas le fils de Philippe mais que sa mère Olympias, servante du temple d'Apollon (ou d'Orphée ou de Dionysos ou de Zeus !) l'avait conçu du dieu lui-même. Il semble qu'il ait cru à sa filiation divine puisqu'il prétendait descendre d'Achille par sa mère et d'Héraclès par son père.

La mystérieuse visite qu'il fit au sanctuaire de Zeus-Ammon, dans l'oasis de Siwah, où il pénétra seul dans le temple pour y entendre l'oracle du dieu en est une preuve. Que lui dira l'oracle ? Nul ne le saura jamais…. mais Alexandre repartit très satisfait. Même s'il se contenta d'utiliser à des fins politiques une vénération populaire qui le servait, le mystère auréola bientôt sa personne, ses actes et paroles.

 

Quelles raisons profondes l'incitèrent à attaquer l'Empire perse ? S'agissait-il d'une expédition militaire pour venger la Grèce des destructions de Xerxès ? Mais alors, pourquoi épargner les vaincus, respecter les cités, adopter leurs coutumes et leurs religions? Était-ce un raid économique pour s'emparer des richesses fabuleuses des palais achéménides? Pourquoi, après avoir conquis Suse, Ecbatane, Persépolis, vouloir conquérir l'Inde ?

 

La vie d'Alexandre ne saurait en aucun cas se ramener à des expéditions militaires ou économiques. Dans toutes ses actions transparaît le désir d'explorer le monde et ses limites, de découvrir un univers prodigieux. N'oublions pas que, dans ses expéditions et campagnes, Alexandre fut entouré de savants, de géographes, de médecins et d'astronomes et soutenu par une armée bien équipée, bien entraînée et disciplinée.

 

Perçue avec le recul du temps, la vie et les conquêtes d'Alexandre ressemblent à une épopée fulgurante. Si l'histoire, dans sa réalité quotidienne, est une suite disparate et incompréhensible d'événements, de victoires et de défaites, la légende suppose, derrière l'histoire, la présence des dieux, l'intervention d'une Providence. Alors seulement, l'histoire devient logique, compréhensible, rassurante.

 

Au début et au terme de toute grande aventure humaine, la légende situe toujours la présence des dieux.

 

Le temps et l'espace n'existent plus. Alexandre entre dans la légende ….