I.C.B.M.

Institut des Civilisations du Bassin Méditerranéen et du Moyen-Orient

20 janvier 2005            Akhenaton et le monothéisme antique

(Hazem El Shafei)

 

 

 

Révolutionnaire dans sa lutte contre les prêtres d'Amon?

Créateur d'une nouvelle religion?

"Inventeur" du monothéisme?

 

Autant de questions que l'on peut se poser au sujet d'un pharaon énigmatique.

 

Une fois dans son histoire millénaire, l'Égypte tenta de se débarrasser de la multitude de représentations encombrantes voilant la réalité plutôt que la traduisant. Cela se passa à la fin de la période la plus brillante de l'histoire égyptienne, au début du XIVème siècle avant notre ère.

 

Né au moment où Thèbes était au faîte de sa gloire et de son opulence, tant économiques que religieuses, Aménophis IV (qui changera son nom en Akhenaton) manifeste publiquement, dès son couronnement, son attachement au culte solaire : la cérémonie n'a pas lieu à Karnak, mais à Hermonthis, cité solaire. Aton apparaît pour la première fois comme synthèse de la création permanente de la vie et de la lumière solaire vivifiante.

 

La réforme religieuse était cependant déjà bien amorcée, l'importance d'Aton allant croissant depuis Aménophis II jusqu'au culte organisé par Akhenaton, qui se radicalisa progressivement.

 

Mais cela suffit-il pour faire de la religion atonienne le précurseur du monothéisme des trois religions du Livre? Depuis longtemps déjà, les théologiens de Thèbes avaient conçu l'unité divine et l'avaient parfaitement exprimée, de façon imagée et en un langage apparemment polythéiste. Car l'Égypte antique était à la fois polythéiste et monothéiste.

 

Il n'y eut cependant pas que des rêves dans l'œuvre d'Akhenaton, où transparaît un sens politique profond : tenter, par l'unité de la foi religieuse, d'unifier les peuples soumis à l'Égypte. Aton, toujours représenté par un disque et jamais par une forme humaine, était un signe clair, accessible à tous. Il n'y a qu'un dieu unique, Aton, créateur de l'humanité tout entière.

 

L'ardeur religieuse et le souffle d'universalisme qui marquèrent profondément l'épisode amarnien, allèrent laisser leur empreinte bien après que les sables eurent recouvert Akhetaton, éphémère capitale d'un pharaon utopiste.