I.C.B.M.

Institut des Civilisations du Bassin Méditerranéen et du Moyen-Orient

Jeudi 26 janvier 2006 :          L’Europe et le monde méditerranéen : quelles perspectives ?

(Adeline Hazan – magistrat,)

 

 

 

Depuis le VIIème siècle, le bassin méditerranéen est partagé entre deux cultures: islamique et chrétienne occidentale. Histoire faite de conflits et de contacts, d’attirance et de répulsion, au gré du mouvement de l’Histoire. Dans ce cadre, chaque société, chaque culture évoluera à sa façon, selon les aléas de son histoire propre et de sa sensibilité.

 

Mais à l’aube du XXIe siècle, alors que l’Europe se construit – parfois laborieusement, il est plus que temps de renouer le dialogue, de sortir de l’isolement, du repli pour aller à la rencontre de l’autre. Car l’avenir ne saurait se faire sans l’autre. L’avenir, c’est l’affaire de tous, c’est l’affaire de chacun de nous !

 

En novembre 1995, la Conférence Euroméditerranéenne de Barcelone lançait un nouveau cadre des relations de l’Union Européenne avec les pays du bassin méditerranéen, au travers d’un projet visant à faire de la Méditerranée un espace commun de paix, de stabilité et de prospérité.

 

Ce partenariat réunit les vingt-cinq pays de l’Union et les pays tiers méditerranéens (Algérie, Égypte, Israël, Jordanie, Liban, Maroc, Syrie, Tunisie, Turquie et Autorité palestinienne).

Mais à la différence d’un bilatéralisme classique, ce partenariat repose sur une coopération globale et solidaire.

 

Si le processus de Barcelone a rencontré des difficultés politiques en raison du blocage du règlement israélo-arabe et plus particulièrement israélo-palestinien, le défi commun décidé il y après de 10 ans est encore plus d’actualité.

 

L’Assemblée parlementaire euroméditerranéenne (APEM) est l’institution la plus récente du processus de Barcelone. Elle contribue à renforcer la visibilité et la transparence du processus et, par conséquent, à rapprocher le partenariat euroméditerranéen des intérêts et des attentes des opinions publiques.

 

Adeline Hazan est membre de l’une des trois commissions de l’APEM : la commission politique et droits de l’homme. A ce titre, elle a participé à la première session plénière de l’APEM qui s’est déroulée au Caire, les 14 et 15 mars 2005. En dépit de difficultés politiques, les députés sont parvenus à un consensus pour notamment :

· demander le respect de la souveraineté et de l’indépendance du Liban ;

· appeler à la création d‘un groupe de travail sur le Proche-Orient pour « améliorer le dialogue pour la paix et la sécurité dans la région » ;

· mettre en place un plan d’action régional pour la promotion des droits des femmes et l’égalité entre les sexes ;

· promouvoir le rôle de la société civile dans la promotion des droits de l’homme, en coopération avec la plate-forme non gouvernementale Euromed.

 

En marge de l’APEM, Adeline Hazan a visité à Alexandrie la fondation Anna Lindh pour le dialogue des cultures, dont la mission est de favoriser la compréhension entre les peuples de l’Union Européenne et du pourtour de la Méditerranée, et de créer les conditions dans lesquelles la liberté et l’initiative peuvent prospérer. Rôle crucial pour lutter contre la radicalisation, l’extrémisme et la discrimination.

 

Le chemin est certes long et semé d’embûches mais…..l’important n’est-il pas de se mettre en marche  ?